ASTROGUIDE

Textes

Effet Mars: une nouvelle approche

1- BREF RAPPEL.

1.1- L'Effet Mars

Par suite de la rotation de la Terre sur elle-même, tout le Ciel, vu depuis la Terre, étoiles et planètes comprises, effectue une rotation de 360 degrés chaque jour. C'est en particulier le cas de Mars qui dans ce mouvement journalier se lève à l'horizon Est, puis culmine, puis se couche à l'horizon Ouest, puis passe à son point le plus bas (le Fond du Ciel), pour ensuite réapparaître.

L'Effet Mars, mis en évidence par Michel Gauquelin, se présente ainsi. Pour les sportifs célèbres, les naissances sont plus nombreuses que prévu lorsque Mars se trouve dans certaines zones dans son mouvement journalier. Ces zones sont principalement celles qui suivent immédiatement le lever et la culmination, et à un degré moindre, celles suivant le coucher et le passage en Fond du Ciel.

1.2- Mes analyses

Elles ont porté, conformément aux protocoles généralement adoptés, sur les secteurs 1 et 4, c'est-à-dire, après avoir découpé le mouvement journalier en 12 secteurs, sur les secteurs suivant immédiatement le lever et la culmination.

Elles ont été appliquées principalement à un échantillon provenant de la fusion d'un échantillon personnel et de celui du CFEPP (Comité Français d'Etudes des Phénomènes Paranormaux). C'est un échantillon offrant toute garantie, puisque je suis sûr du mien, et que celui du CFEPP a conduit au rejet catégorique de l'Effet Mars.

Mes conclusions ont été les suivantes :

- Aucune confirmation pour le secteur 4, celui de la culmination

- Confirmation pour le secteur 1, celui du lever, mais seulement pour les naissances les plus anciennes

- Cette disparition de l'Effet Mars est parallèle à la disparition progressive des naissances naturelles

- Lorsqu'il existe, c'est-à-dire pour les années les plus anciennes, l'Effet Mars est renforcé si on l'applique à un sous-échantillon constitué des célébrités de notoriété supérieure.

1.3- Mon autre approche

Cette autre approche consiste à considérer la division du mouvement journalier en 36 secteurs, et à privilégier la forme graphique des distributions obtenues. Etant donné le grand nombre de classes (36) et la relativement faible taille des échantillons, je ne présente que des courbes lissées (moyenne glissante sur 3 valeurs consécutives).

2- L'ECHANTILLON (PP + CFEPP)

Il s'agit, je le rappelle, d'un échantillon présentant toute garantie constitué de la fusion de celui de ma propre étude (PP) et de celui du CFEPP. J'ai repris les deux paramètres tirés des études précédentes, à savoir les années de naissance (<= 1925 et > 1925) et le niveau de notoriété (niveau inférieur 1 et niveau supérieur 2).

2.1- Les années de naissance

En comparant statistiquement les deux distributions (avant et jusqu'à 1925 d'une part et après 1925 d'autre part), il est clair que l'on ne peut les considérer comme semblables : corrélation inexistante = 0,014, et test d'homogénéité de Khi2 avec probabilité de hasard p = 0,01.

La représentation graphique Figure 1 illustre parfaitement ces différences

2.2- Le niveau de notoriété

Globalement, le niveau de notoriété na paraît pas déterminant. Par contre, son importance apparaît clairement pour les années <= 1925.

Voir la figure 2.

Les maxima sont plus forts avec le niveau 2, et ils semblent effectivement se dessiner comme indiqué par Gauquelin après le lever, la culmination, le coucher et le fond du ciel, le plus important étant celui du lever.

Nous avons ainsi confirmation des observations de mes études précédentes, à la fois sur le fait de la disparition progressive de l'Effet Mars, due certainement à la diminution des naissances naturelles, et sur l'importance de la notoriété, là où il y a Effet Mars.

Mais de plus semblent se révéler non seulement l'importance du lever, mais également bien que moindres celles des trois autres zones déterminées par Gauquelin, ce qui ne m'était pas apparu jusqu'alors.

Au sujet des naissances naturelles, Gauquelin avait déjà constaté leur importance à plusieurs reprises, et en particulier à l'occasion de son travail sur l'hérédité planétaire.

2.3- Années <= 1925 et niveau II

C'est donc durant les années les plus anciennes et pour les plus grandes célébrités que se manifeste pleinement l'Effet Mars. Encore faut-il, pour s'en faire une idée plus précise, comparer notre distribution expérimentale à celle que l'on peut attendre du seul hasard. Cet échantillon de contrôle a été élaboré comme cela se pratique habituellement, et fort justement me semble-t-il, à partir de plusieurs brassages des heures de naissance (80 brassages en l'occurence, comme pratiqué par le CFEPP).

Plutôt que les deux courbes, je présente figure 3, le rapport des proportions successives, dans le sens proportion expérimentale sur proportion de contrôle.

Les secteurs 1, 10, 19 et 28 correspondent aux débuts respectivement du lever, de la culmination, du coucher et du fond du ciel

Je dois dire que j'ai été fortement impressionné par cette manifestation d'un Effet Mars conforme aux assertions de Michel Gauquelin, appliqué à un échantillon présentant toute garantie et totalement indépendant de ceux qu'il avait utilisés.

3- LA BASE ERTEL

J'ai cependant été curieux de savoir ce que cette même approche pouvait donner en l'appliquant à d'autres données existantes. Je me suis tourné comme je l'ai déjà fait vers la base constituée par Suitbert Ertel. Cette base rassemble les différentes études connues, dont celles de Gauquelin, publiées ou non, ces dernières présentant des résultats négatifs. Je l'ai de mon côté amputée d'une étude présentant des résultats anormalement positifs. Pour fixer les niveaux de notoriété, j'ai comme précédemment utilisé les nombres de citations fournis par Ertel, en séparant les sujets n'ayant jamais été cités de ceux ayant obtenu au moins une citation.

J'ai pu ainsi noter à nouveau l'importance des deux paramètres que sont les années de naissance et le niveau de notoriété.

J'ai rapproché les deux distributions dans le cas des années <= 1925 et niveau supérieur 2. Le coefficient de corrélation est fort, égal à 0,60, et le test d'homogénéité de Khi2 conduit à une probabilité de hasard élevée égale à 0,83. Il est donc clair que l'on peut considérer globalement comme semblables les deux répartitions.

La présentation graphique (Figure 4) illustre cette similitude, affirmée très fortement pour la zone du lever, et à un degré moindre pour celle de la culmination. On constate de plus que la manifestation d'un Effet Mars telle qu'annoncée par Gauquelin est plus conforme avec l'échantillon (PP + CFEPP) qu'avec la base Ertel.

Cette similitude traduit une double validation. D'une part, si l'on considère l'étude (PP + CFEPP) comme une référence compte tenu de la garantie de son échantillon, alors on peut considérer grosso modo comme valable la base Ertel telle que proposée avec réinsertion des données non publiées. Inversement, il est rassurant de constater que les résultats de mon étude sont semblables globalement à l'ensemble de ceux constatés antérieurement par ailleurs.

3.2- Ma sélection personnelle

J'ai précédemment déterminé un niveau supérieur de notoriété (niveau 2) relatif à l'échantillon (PP + CFEPP). J'ai alors opéré de la même manière à partir d'une sélection personnelle pour la base Ertel, ce qui m'a permis d'obtenir un niveau 2 homogène pour l'ensemble. Toujours pour les années <= 1925, cela donne le graph suivant figure 5 (il s'agit toujours comme pour la figure 3 du rapport des fréquences expérimentales sur les fréquences attendues selon le hasard).

Nous constatons à nouveau à quel point cette courbe est conforme aux assertions de Michel Gauquelin : chacun des quatre points clé coïncide avec le début d'un pic. La seule différence réside dans la moindre importance de la Culmination, laquelle est mise au rang du Coucher et du Fond du Ciel, le Lever étant largement prépondérant.

- Remarque :

Si l'on revient un instant à la division en 12 secteurs, la comparaison entre les secteur 1 (secteurs 1, 2 et 3 de la division en 36 secteurs) fournit le tableau de contingence suivant :

Expérience Contrôle
Secteur 1 66 6201
Autres 344 64110
Le test de Khi2 donne une probabilité infime, égale à p = 2x10-7 que ce résultat soit dû au hasard

Une forme circulaire me paraît encore plus justifiée et plus éclairante (figure 6).

4- CONCLUSION

Cette nouvelle approche illustre mes observations précédentes relatives à la zone suivant le lever de Mars. Mais de plus et surtout, en affinant le phénomène, elle permet de mettre en relief les trois autres zones désignées par Gauquelin, celle du lever restant la plus importante.

Hésitant jusque là, je ne pouvais pas cependant me résoudre à enterrer l'Effet Mars.

A l'issue de cette dernière analyse, je sors renforcé dans l'idée que l'Effet Mars a probablement été une réalité. La principale zone d'ombre réside dans le fait qu'une telle relation entre Mars et certains individus célèbres n'a pas pour le moment d'explication.

Pierre Perradin

Effet Mars et heures de naissance
Effet Mars et notoriété
Effet Mars: extension des recherches
Effet Mars: des zones d'ombre
Effet Mars: une nouvelle approche
Effet Mars: ma conclusion

A mon propos | | ©2004 Christophe Bussien