ASTROGUIDE

Textes

Les maisons

Qu’est-ce qu’une maison ?

Une maison est un lieu investi d’une signification particulière ; la maison X régit la carrière, la maison III les frères et sœurs, etc. L’astrologue utilise les maisons pour rechercher le domaine de l’existence dans lequel l’action d’une maison s’exerce. Par exemple, Vénus en maison V peut annoncer au natif un premier enfant (maison V) doux, artiste et charmeur (Vénus).

Les douze lieux

Quand les anciens astrologues, égyptiens et grecs, ou leurs héritiers arabes, cherchaient le domaine de la vie dans lequel une planète exerçait son action, voici comment ils s’y prenaient. Connaissant le signe ascendant, ce signe devenait la maison I, le signe suivant la maison II, etc. Chacune des maisons, et donc chacun des signes, régissait certains domaines de l’existence. Le signe qui se levait à l’horizon et les planètes qu’il contenait renseignaient sur la constitution physique. Le signe suivant régissait les biens du natif, le signe suivant ses frères et sœurs, etc. Pour connaître la position des maisons, ce système est à la fois le plus ancien et le plus simple. Pour ces astrologues, l’Ascendant ne marquait pas le début ou le milieu d’une maison. Il indiquait le signe qui deviendrait la maison I et régirait certains domaines de l’existence. Les maisons, les lieux, étaient les signes.

Le signe ascendant n’était pas le seul repère utilisé. Le signe occupé par le Soleil, la Lune et la part de fortune pouvaient également servir de première maison. Ce système a survécu dans les prédictions des revues d’astrologie populaire. Le signe occupé par le Soleil y est considéré comme maison I. Lorsque les magazines effectuent des pronostics pour les douze signes du zodiaque. Ils considèrent que les natifs du Scorpion connaîtront une excellente année financière et professionnelle si Jupiter traverse le Lion (dixième signe compté du Scorpion) et des problèmes de santé si Saturne traverse le Bélier (sixième signe compté du Scorpion).

Quelques mots d’histoire

A l’origine, les signes du zodiaque, ou leurs subdivisions, régissaient des domaines de l’existence. Prenons un exemple. Antérieur au texte perdu de Nechepso et Petosiris auquel se réfère souvent l’astrologie grecque, il existait un livre nommé Salmeschoiniaka. Il n’en reste que quelques extraits, cités par des auteurs ultérieurs. L’un de ces extraits, cité par Hephaïstion, utilise les décans comme des lieux gouvernant des domaines particuliers : « On doit également examiner les décans puisque le premier de l’Horoskopos concerne la naissance ; le 28ème de l’Horoskopos, qui culmine tôt, concerne les moyens de subsistance ; le 25ème, qui culmine à midi, concerne la maladie ; le 9ème, qui se lève tard à l’est, concerne les blessures ; le 17ème, qui se lève à l’ouest, concerne le mariage et la femme ; le 8ème, la porte d’Hadès, concerne les enfants ; celui dans le [pivot] souterrain concerne la mort. » Autrement dit, le décan occupé par l’ascendant concerne la naissance, le 28ème compté de celui occupé par l’ascendant concerne les moyens de subsistance, etc. Chaque décan est investi d’une signification particulière, par rapport au décan occupé par l’ascendant. Des techniques de ce type ont survécu dans l’astrologie indienne. Par exemple, le Grand livre des nativités (Brihat Jataka) de Varaha Mihira (VIème siècle) indique : « l’érudit en astrologie indique le 22ème décan [compté de celui occupé par l’ascendant] comme la cause de la mort de la personne. Le maître de ce décan et le maître du signe qu’il occupe indiqueront la façon dont la mort surviendra. »

Vers la même période, les signes sont utilisés de cette façon. Les douze maisons sont en réalité les douze signes, considérés par rapport à celui occupé par un repère, généralement l’ascendant. Parfois, le repère est la part de fortune, plus rarement le Soleil ou la Lune. Attribué à Hermès par les anciens auteurs, tout le système des douze maisons est là. Thrasyllus, Rhetorius, Valens et probablement Maternus sont clairs sur le sujet. Les maisons sont une attribution des domaines de l’existence aux signes, en fonction de leur distance à celui occupé par l’ascendant. Un demi millénaire plus tard, Varaha Mihira pourra écrire, en conformité avec les anciens astrologues Grecs ; « Les mots rashi, kshetra, griha, riksha, bha, bhawan ont tous la même signification. » Respectivement, ces mots sanscrits se traduisent par signe (du zodiaque), champ, maison résidentielle, constellation, demeure. La quasi totalité des astrologues de l’Inde utilise encore ce système qui consiste à considérer le signe occupé par l’ascendant comme la maison I, le signe suivant comme la maison II, etc.

La cuspide de la maison

Dans son anthologie, Livre IX, chapitre 3, Vettius Valens s’intéresse au degré qui se trouve trente degrés après l’ascendant, puis trente degrés plus loin, etc. Il en fait la « cuspide de la maison ». Ne nous méprenons pas. Il ne considère pas comme maison I les trente degrés qui commencent avec l’ascendant, puis comme maison II les trente degrés suivants, et ainsi de suite. Si l’ascendant est à 27° du Cancer, l’ensemble du Cancer est considéré comme maison I, l’ensemble du Lion comme maison II, etc. Mais à 27° du Cancer, se situe le point qui confère les attributs de la maison I à l’ensemble du Cancer. A 27° du Lion, se situe le point qui confère les attributs de la maison II à l’ensemble du Lion, etc.

Notons que là où les auteurs grecs utilisaient le mot Kentron, les latins utilisent cuspis et cardo qui en sont de bonnes traductions. Les divers sens de ces deux mots aideront à saisir comment le sens exact du mot « cuspide » en astrologie. Cuspis signifie « pointe, tout objet pointu [épieu, javelot, lance] ». Cardo signifie « gond, pivot, point sur lequel tout roule, point capital, conjoncture critique ».

Les attributs des maisons

Dans Les origines de l’astrologie, j’ai longuement exposé comment les maisons ont reçu leurs attributions. Je renvoie le lecteur à ce texte. Voici les principales attributions utilisées par les astrologues de l’Inde.

Les domaines de l’existence

Maison

Les domaines de l’existence

I

La naissance, la constitution et la résistance physique, les chances de survie, le tempérament inné, l’apparence physique. Elle résume l’histoire du natif.

II

Toute forme d’addition, d’augmentation, d’accroissement. L’avoir, les questions d’argent, le profit. Tout ce qui a de la valeur aux yeux du natif, tout ce qui représente de l’argent (bijoux, titres, marchandises, métaux précieux). La famille en général, sans considération de liens particuliers entre le natif et tel ou tel membre. C’est une des maisons qui interviennent dans le mariage, car elle signifie « addition » d’une autre personne au natif. La qualité et les particularités de la voix, du discours, la puissance du verbe (utile aux chanteurs, conférenciers, professeurs, acteurs, etc.). La nourriture.

III

Les facultés intellectuelles et les capacités pour apprendre, pour acquérir des connaissances et les appliquer, le plus souvent de façon pratique. Elle renseigne sur les possibilités d’obtenir un bagage intellectuel utilitaire ou un équipement technique convenable (apprendre à conduire un véhicule, à parler une langue étrangère, à se servir d’une machine ou à la réparer, à lire un texte de loi pour résoudre un problème juridique, etc.). La bravoure, le courage et l’esprit d’initiative. Les déplacements fréquents, les transferts, les navettes, les télécommunications, l’usage de véhicules et de machines permettant de correspondre à distance (fax, courrier électronique, téléphone), tous les moyens de diffusion de la pensée (presse, télévision, radio, édition) et de relation (publicité, agences de voyage, de change). En tant que 12e de la maison IV, elle annonce les déménagements, expulsions, expropriations, trajets entre un domicile et une résidence secondaire.

IV

L’environnement domestique et familial, le foyer, l’atmosphère intime, les affaires privées, les choses cachées, les secrets personnels et les secrets de famille. Les conditions du début et de la fin de la vie, époques où le milieu restreint, la sphère intime, ont beaucoup d’importance. La terre, le fonds, le sol, le sous-sol, les biens immobiliers, immeubles, terrains. L’apprentissage scolaire qui résulte de l’étude, de la mémorisation, de la récitation.

V

Les loisirs et divertissements, des spectacles aux jeux d’amour (relations sentimentales sans vie commune). L’introduction à une pratique spirituelle, la voie de la dévotion (bakthi).

VI

Les maladies et accidents ayant des conséquences physiques (littéralement « les dangers venant du feu et des armes »), dont les accidents de voiture. Les affaires locatives (concierges, gardiens, gérants, locataires, syndics). Les ennemis qui font obstacle à nos désirs et entravent nos initiatives. Les litiges et procès. Les animaux domestiques, de ferme et de maison (élevage, dressage, vie en contact avec les bêtes). Bien configurée, elle annonce la stabilité financière, une bonne santé, la victoire sur les opposants (concurrents, ennemis et adversaires).

VII

Les rapports humains (de client à commerçant, de malade à médecin, d’écrivain à lecteur, de demandeur d’ouvrage à entrepreneur). Le comportement sexuel et la vie commune. Les longs déplacements en pays étranger, le plus souvent entrepris pour des voyages d’affaires et des missions professionnelles.

VIII

La longévité, les conditions de la mort, la proximité de la mort (anesthésies, opérations, décès de proches). Le mariage, dans le sens légal (contrat de mariage). Bien configurée, elle annonce des gains inattendus et faciles, ainsi qu’une vie conjugale durable.

IX

La chance, la protection divine. Les facultés intellectuelles abstraites et les capacités pour acquérir des connaissances de type philosophique, de sciences pure, de théologie. Les instructeurs. Les séjours à l’étranger. La vision que le natif se fait du monde, ses conceptions religieuses. Quand le maître de IX aspecte une cuspide ou une planète, il apporte une touche d’éthique aux domaines régis par le facteur aspecté. Quand la cuspide de IX ou le maître de IX est aspecté par une maléfique, le natif n’est pas étouffé par ses scrupules !

X

La carrière, l’occupation professionnelle, l’action sociale, le statut, la réputation, le pouvoir, le commandement. L’employeur, le directeur ou le dirigeant de l’entreprise.

XI

Le salaire, les gains. L’amélioration de la santé, généralement par l’intervention d’un traitement efficace (en tant que 12e de la XII).

XII

L’éloignement : les départs, les grandes séparations, les longs séjours ou la résidence définitive en pays étranger, l’éloignement d’êtres chers, la perte de biens (dépenses, privations, chute de revenus, investissements, donations). Les punitions et châtiments, y compris ceux que le natif s’inflige à lui-même. Ce que vit la mère dans les mois qui précèdent la naissance.

 

Les parties du corps

Maison

Attributions médicales

I

constitution physique, tête, cheveux, cerveau.

II

ongles, voix, comportements alimentaires (alcool, tabac, anorexie, boulimie), œil droit, visage (nez, bouche, langue, dentition).

III

oreille droite, gorge, psychisme, vertèbres cervicales, épaules, processus de croissance, bronches.

IV

cage thoracique et poitrine, circulation du sang, poumons, seins, cœur.

V

rate, système digestif (vésicule biliaire, foie, pancréas, intestin grêle, estomac) psychisme (intelligence), dos, cœur, système de reproduction (capacité à concevoir des enfants).

VI

gros intestin, reins.

VII

système de reproduction interne (ovaires, utérus, testicule, sperme), comportement sexuel.

VIII

circulation du sang, système de reproduction externe (pénis, vagin).

IX

hanches, haut de la jambe, artères, psychisme.

X

articulations, genoux (rotule), dents, charpente osseuse.

XI

jambes, oreille gauche.

XII

pieds, circulation du sang, œil gauche, sécrétions hormonales, les ganglions lymphatiques, sommeil.

Les gens qui vous entourent

Maison

Les membres de la famille

I

Le natif

II

La cellule familiale

III

Le frère ou la sœur qui vous suit, le beau-père (père du conjoint)

IV

Les parents, particulièrement la mère

V

L’aîné des enfants, le grand-père paternel

VI

L’oncle maternel

VII

Le conjoint (le mari, l’épouse), le second enfant, la grand-mère maternelle

VIII

Néant. Intervient dans le décès des proches.

IX

Le père, le second conjoint (le second mari ou la seconde épouse, comme 3e de la VII), le troisième enfant, le beau-frère ou la belle-sœur.

X

La belle-mère (mère du conjoint)

XI

Le frère ou la sœur qui vous précède, le troisième conjoint (le troisième mari ou la troisième épouse, comme 3e de la IX), le gendre ou la belle-fille (par rapport au premier enfant), le quatrième enfant. Les favoris, les amis, les admirateurs, les adhérents, les supporters, les conseillers.

XII

La grand-mère paternelle, le grand-père maternel

Le mariage entre les planètes et les maisons

Une bonne planète dans une mauvaise maison

Quand une planète bénéfique occupe une bonne maison, tout va pour le mieux, et pour tout le monde. Inversement, les planètes bénéfiques qui occupent une maison maléfique (VI, VIII et XII) sont déchirées entre leur tendance à faire le bien (maison régie) et leur désir de s’engager dans le côté noir des choses (maison occupée). Quand le natif se préoccupe des domaines régis par une telle planète, il est indécis et ne parvient pas à s’engager dans une ligne d’action nette.

Par ailleurs, il faut distinguer une planète conjointe à la cuspide d’une maison d’une planète qui occupe cette maison sans former une telle conjonction. Supposons un ascendant Balance ; Mercure est la MMP. Si Mercure est puissant sans être conjoint à une cuspide, il protège ses attributs et se comporte de manière favorable pour ce thème. Par exemple, un comédien peut avoir Mercure puissant en maison III (la communication) ou en maison X (la profession). Puisqu’une planète maléfique n’est pas nocive pour elle-même, Mercure MMP ne nuit pas à ce que signifie « Mercure en maison III » ou « Mercure en maison X ». Mais une planète maléfique est nocive pour ce qu’elle touche. Si Mercure est conjoint à la cuspide de la maison, Mercure MMP altère les attributs de cette maison et de celle qu’il aspecte. Ainsi, Hitler avait un ascendant Balance, Mercure devenant la MMP. Ce Mercure était en conjonction exacte à la cuspide de VII et aspectait l’ascendant. Cette configuration était très nocive pour les maisons I et VII.

Le maître de chaque maison

Supposons que le Cancer soit la maison I. La maison I correspond dans ce cas au territoire, ou domicile, de la Lune. Le caractère, la constitution physique et les autres attributs de la maison I seront imprégnés de la vertu lunaire. Le caractère sera beaucoup plus vulnérable que celui d’un natif dont la maison I serait en Bélier, domicile de Mars. Le propriétaire de la maison I, la Lune pour un ascendant Cancer, est nommé « maître de la maison I ». Tout au long de cet ouvrage, j’abrégerai en « maître de I ». La position du maître de la maison est déterminante dans l’interprétation. Car il est aisé de comprendre que si le maître d’une maison est très faible, par exemple en chute et en état de vieillesse, il cédera aux premiers coups de butoir d’une planète nocive. S’il est puissant, par exemple en exaltation et en milieu de signe, il résistera aux assauts les plus virulents. Ainsi, le maître de I faible est virtuellement dangereux pour la constitution physique. Tant qu’il n’est pas attaqué, sa faiblesse ne paraît pas. Dès qu’il est attaqué, même légèrement, la santé cède. Le maître de I puissant permettra à la constitution physique de résister aux intempéries.

Comme chaque planète, sauf les luminaires, possède deux domiciles, elle régit deux maisons. Ce qui peut conduire une planète à véhiculer deux influences contradictoires. Pour un ascendant Scorpion, Mars, le maître de I (la constitution physique), est aussi maître de VI (les maladies). Comment, au vu du thème, l’astrologue saura-t-il si Mars va rétablir une bonne santé (en tant que maître de I) ou rendre malade (en tant que maître de VI) ? La réponse est simple. Comme nous l’avons vu, l’un des deux domiciles, le mulatrikona, est toujours plus déterminant. Le mulatrikona de Mars est le Bélier. Dans les faits, pour un ascendant Scorpion, Mars agira beaucoup plus en tant que maître de VI (le Bélier) qu’en tant que maître de I (le Scorpion). Pour un ascendant Scorpion :

Le Soleil agira comme maître de X.

La Lune agira comme maître de IX.

Mars agira comme maître de VI avant d’agir comme maître de I.

Mercure agira comme maître de XI avant d’agir comme maître de VIII.

Jupiter agira comme maître de II avant d’agir comme maître de V.

Vénus agira comme maître de XII avant d’agir comme maître de VII.

Saturne agira comme maître de IV avant d’agir comme maître de III.

Les maîtres de maisons en maisons

Dans quel sens agissent les maîtres de maisons ? Supposons que le maître de IV se situe en maison XII. Le maître de IV est une planète bénéfique. Le maître de IV apportera-t-il de bonnes choses aux attributs de la maison XII ? Ou devient-il prisonnier de la maison XII et donc nocif pour les attributs de la maison IV ?

Supposons que vous soyez conduit dans le service d’urgence d’un hôpital. Par le seul fait d’être là, vous ne pouvez participer à vos activités quotidiennes. En conséquence, vous ne pouvez pas vous assurer que tout va bien à la maison. Vous ne pouvez pas gagner votre vie et rapporter un salaire à votre famille. Mais si votre état de santé s’améliore et que vous soyez transféré dans une chambre normale, vous aurez accès à un téléphone. Vous aurez des liens avec l’extérieur et un pouvoir sur ce qui se passe en dehors de votre chambre.

Si le maître de IV est en XII (l’hospitalisation), faible en fin de signe et sans être conjoint à la cuspide de la maison, les attributs du maître de IV souffrent sérieusement. Il est à la merci du maître de XII, son dispositeur. Mais si le maître de IV est en XII sans être faible pour d’autres raisons que sa position en maison et s’il est proche de la cuspide (un téléphone), il protège les attributs de la maison qu’il occupe. Le maître de IV conjoint à la cuspide dispose de plusieurs lignes téléphoniques, qui le relient à des lieux spécifiques ; ce sont les cuspides qu’il aspecte. Le maître de IV agit favorablement sur les attributs de ces maisons. Quelle que soit la maison qu’il occupe, il agit de même favorablement sur les planètes qu’il aspecte.

Denis Labouré

A mon propos | | ©2004 Christophe Bussien